Rwanda ou le phénix qui renaquit de ses cendres

Rwanda ou le phénix qui renaquit de ses cendres

En Afrique le développement économique, selon les critères des organisations comme le FMI et la Banque Mondiale, se met en place petit à petit. Certains pays sont d’excellents élèves, d’autres sont à la traîne. Mais force est de constater qu’il y en a qui se démarquent, comme par exemple le Rwanda.

On peut dire sans risque d’être contesté que le génie du peuple rwandais c’est d’avoir réussi à se remettre assez rapidement du traumatisme né de la guerre fratricide ayant opposé Tutsi et Hutu en 1994. D’autant plus que l’on sait que les plaies d’une guerre telle qu’elle soit (plus encore lorsqu’il s’agit d’un conflit intra-muros) sont susceptibles de se  transformer en troubles psychiques rendant fastidieux toute idée de progrès. Le peuple Rwanda a décidé de faire de ses démons du passé un moteur pour son avenir. Le pays des milles collines a réussi en moins d’un quart de siècle à se hisser au rang de pays véritablement émergent. Une émergence qui ne se limite pas juste à un slogan puisqu’elle est confirmée par les bons scores que le pays ne cesse d’obtenir dans les classements établis par les institutions de développement international. En 2017, le rapport Doing Business de la Banque mondiale classe le Rwanda au deuxième rang des pays d’Afrique disposant d’un environnement économique, social et politique favorable aux affaires. Au plan mondial, il occuperait le 56ième rang et ce devant le Maroc (68ième mondial), le Botswana (71ième mondial) et l’Afrique du Sud (74ième mondial). Ainsi donc, le Rwanda se serait démarqué par la mise en place d’un arsenal juridique et infrastructurel propice aux affaires (facilité à enregistrer et démarrer une entreprise, système efficace d’accès aux crédits, la protection des investisseurs, la lutte contre la corruption, le paiement des impôts.

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Le choix stratégique des autorités politiques rwandaises en matière de développement ne souffre d’aucune équivoque comme l’attestent les propos de Francis GATARE, Directeur du « Rwanda Development Board » (RDB) : « Le Rwanda a mis l’accent ces dernières années sur l’optimisation de l’industrie des services et a capitalisé sur les opportunités d’investissement qui favorisent la croissance durable à long terme ». Cette orientation stratégique a fait du pays l’un des hubs technologiques les plus performants d’Afrique et disposant aussi d’infrastructures de calibre international.

Du point de vue de la question de l’égalité des sexes, le Rwanda fait office d’école. En effet, il est le seul pays au monde et ce, depuis 2008 où les femmes sont majoritaires au Parlement (56,3% de femmes). Cette spécificité rwandaise place le pays au premier rang du classement mondial de L’Union Interparlementaire. Selon plusieurs observateurs, les performances économiques spectaculaires du Rwanda s’expliquent en partie par la réhabilitation politique et symbolique des femmes rwandaises, les plus meurtries lors du génocide de 1994.

En résumé, le Rwanda est la preuve qu’il n’y a pas d’excuse au retard technologique et économique. Il est aussi la preuve que le développement est à la portée de tout pays qui s’en donne les moyens politiques, humains de l’atteindre. Malheureusement, alors que le Rwanda a amorcé son « take off », son voisin la République Démocratique du Congo (ex-Zaïre) détentrice d’exceptionnelles ressources naturelles est laissé sur le tarmac.

Ndèye Faty Sarr

Docteur en sociologie spécialisée en économie et culture

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