CorporateEconomie

La patate chaude entre les mains de Barrow. Le nouveau président hérite d’un pays à l’économie au bord du gouffre.

 

imagesEntité spatio-politique lilupitienne  s’il en est une, la Gambie n’en reste pas moins un État à part entière reconnue par ses pairs. Incrustée dans le Sénégal, la Gambie partage avec lui un espace culturel quasi-identique. Avec une population d’1,9 million d’habitants, la Gambie se caractérise par un taux d’urbanisation assez élevé (plus de la moitié de sa population) et une économie portée par le tourisme[1] et le secteur des services. Cependant, l’économie gambienne a amorcé la pente descendante depuis les années 2010 ce qui a nécessité le chaperonnage des institutions de développement international notamment le Fonds monétaire international pour lui éviter la banqueroute. C’est ainsi qu’un fonds de 30 millions de dollars américains fut mis à la disposition de la Gambie qui se devait en retour d’assainir ses finances publiques et de booster sa croissance. Mais avec à un pouvoir politique arbitraire incarné sous les traits d’un dictateur, les autorités gambiennes n’ont pu respecter leur engagement ce qui a poussé une énième intervention du Fmi par la mise en place d’un programme de suivi personnalisé pour éviter la faillite. À tout cela s’est ajouté un déficit budgétaire dû aux dépassements des dépenses prévues  qui a fait passer ce déficit de 4.4 % du PIB en 2012 à 11.0 % en 2014 et environ 9.6 % en 2015. Les tentatives de redressement des autorités politiques par le biais d’un endettement domestique n’ont fait qu’empirer la situation économique du pays. À ces facteurs de mal gouvernance qui ont plombé l’économie gambienne s’est ajouté l’épidémie d’Ebola en 2014 qui a donné un sacré coup au secteur touristique en sabrant de plus de la moitié le taux de fréquentation des installations touristiques gambiennes. Tous ces éléments maintiennent la Gambie dans la catégorie des pays très pauvres[2].

Tout compte fait, la tâche du nouveau président est colossale mais réalisable. Ainsi, il doit non seulement restaurer un climat sociopolitique mis à mal par l’ex-président mais aussi asseoir les bases d’une saine croissance économique durable.

[1] Elle accueille près de 50 000 touristes par an.

[2] Elle occupe le 175ième rang sur 187 pays selon le rapport du PNUD de 2015.

Ndèye Faty Sarr

Docteur en sociologie spécialisée en économie et culture

Previous post

Un petit tour in the wonderful land of the Little Black Dress

Next post

PAINS BRIOCHES FOURRES ( à la créme, aux noix et à la confiture de lait)

The Author

Team Aza Mag

Team Aza Mag

No Comment

Leave a reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *